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13.03.13

Artiste

Posté dans Ecrivains en herbe | 17:04

 1

 

Marc se souvenait de sa famille, de ses frères, de son chien. Il se souvenait de ses amis de son père... Une petite larme scintilla au fond de ses yeux. Il avait froid, il était seul. Il avait été abandonné au milieu de ce parterre de fleurs et y demeurait depuis déjà 3 mois .

 

Matin jusqu’au soir, il mendiait et essayait de vendre les dessins qu'il créait grâce à des crayons tout simples qu'un enfant lui avait donnés et des feuilles de papier qu'il trouvait dans la rue. Ses dessins étaient beaux, mais pourtant, personne ne voulait les acheter. Marc entendit un bruit au loin. C'était deux hommes qui parlaient, ils devaient être saouls... Ils se rapprochaient, et arrivés devant Marc, rigolèrent:

„Mmh", grogna le premier homme. 

Marc avait encore ses dessins à ses côtés. Les deux hommes les regardaient avec mépris... 

L'un était blond, l'autre roux. L'homme blond expliquait quelque chose en russe au second. Et d'un coup, ils s'avancèrent comme un seul homme puis piétinèrent les dessins du garçon. Et sans demander leur reste, ils partirent en rigolant bruyamment. Marc n'avait plus rien. Il voulait partir, marcher sans s'arrêter. Il laissa s'échapper un gros sanglot. Il était désespéré, mélancolique. Il ne voulait plus rester assis là, affamé. Sans même prendre la peine de réfléchir ni de ramasser ses affaires, il marcha vers l'inconnu sans regarder en arrière. Il voulait réussir sa vie comme tous les autres enfants...

  

 2 

Marc se réveilla. Il avait marché toute la nuit, il avait un mal de chien aux pieds mais ressentait un brin de satisfaction. Il se félicitait d'être arrivé dans un village de campagne. Il devait déjà être dix heures, il y avait déjà un paquet d'hommes sur la place du village, là où il s'était installé. Des hommes d'affaire en smoking, de vieux papys encore en chaussons qui allaient à la boulangerie en face...

 Le soleil du matin lui réchauffait déjà le dos. Il était bien mais, il avait très faim. Son regard se dirigea sur la poubelle, parfois, il voyait des S.D. F qui trouvaient des restes de nourriture entre les détritus... Mais il préféra se diriger vers la boulangerie. Peut-être qu'il pourrait réussir à recevoir une baguette gratuite ou un pain aux raisins... En marchant vers la boulangerie, Marc était simplement joyeux. Le petit village où il avait atterri était superbe, il y avait de tout, un grand marché, la boulangerie, et même un grand hôtel...

En voyant tous ces petits pains qu’il pourrait peut être se mettre sous la dent, il jubilait.

 « Bonjour, dit il en arrivant dans la boulangerie.

 -Bonjour, lui répondit la femme debout derrière le comptoir, que veux-tu?

-Heu, je voudrais n'importe quel pain, mais je n'ai pas d'argent...

 La femme répondit sur un ton indifférent:

- Non, et pars vite, j’ai d’autres chats à fouetter !! »

 Le garçon sortit de la boulangerie, s’assit sur un banc de la place, mit sa tête dans ses mains et commença à pleurer. Pourtant, quelques secondes après, il dormait comme une souche.

Marc se réveilla.

Il se souvenait d'avoir rêvé du traité de l'Elysée.Traité... Ce mot vagabondait dans sa tête. Traité, se dit il, traité= joie, gentillesse et paix! Pourquoi n'ai-je pas le droit à ça moi? Pourquoi pas tous les enfants du monde entier n'auraient-ils pas droit à cela? Ce n'est pourtant pas dur!

Il bailla à s'en décrocher la mâchoire, puis jeta un oeil autour de lui . Il vit un homme l'observer attentivement . Marc, qui trouvait ce comportement un peu suspect, le regarda,  lui aussi. Ils restèrent comme cela un bon moment, puis, l'homme s'avança vers Marc...

  « Salut, lança l'inconnu, je m'appelle Dan.

 -Bonjour, moi c'est Marc, répondit-il en essayant de faire bonne figure.

 - Euh, tu es tout seul? , essaya Dan.

 -Oui, dit simplement Marc.

 -Eh bien, je dois te parler de choses sérieuses...  En fait, je, j'aimerais bien t'emmener avec moi, je suis seul et très compréhensif envers tout le monde, tu peux me faire confiance. J'habite dans un petit studio, et j'aurais assez de place pour te loger.»

Marc n’hésita  pas une seconde.

« Oui, dit-il. Je veux bien. »

  

3

Marc espérait que Dan soit un poète, un peintre, mais il ne le pensait pas.

Arrivés dans le studio du jeune homme, Marc demanda :                                                                                   

" Dan? Que fais-tu dans la vie? osa -t-il demander.

- Je suis artiste."

 

Un large sourire illumina le visage de Marc. 


 

Fin. 

Jules 

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